Poésies
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Rêve
Chante et danse
comme tu veux
Vis et meurs
Comme du peux
Rêve en bleu
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Réserve dorée
Ma réserve dorée
J’y vis depuis mille ans
Le repaire choisi
M’émeut toujours autant
Poudré d’or par le jour
Le soleil l’embellit
La nuit est réservée
Au mystère de la vie
Je crie, j’aime,je pleure
La discrétion n’est pas
Les doux mots de l’écrit
Me prennent dans les bras
Mon tout est à l’abri
Je consigne les phrases
Pour faire un festival
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Chemin
Eclatent les fleurs
Au pays du soi
Le chemin fut long
Parsemé de fleurs
Résonnent les coeurs
Au pays du roi
Franchir tous les ponts
Et garder l’ardeur
Ne pas faire l’acteur
Au pays du moi
Bannir les néons de l’agitateur
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Le temps
Pas le temps
Va l’amant
Dans le temps
Va l’aimant
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Hadrien
Hadrien vivait seul
Dans une ombre vieillie par le soleil d’hiver
Près d’une mare bleue et son crapaud doré
En un logis soyeux animé par le chat
Hadrien aimait seul
Ecrire la musique pour réveiller les corps
Asséchés par le temps et le labeur subi
Lire les artisans de récits lumineux
Hadrien rêvait seul
A la princesse aimée des nuages du nord
Aux terres et à la mer de l’ouest breton
Et à la ville muse des artistes du vent
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Ivre de soi
Sur l’océan des rides
Je contemple ma vie
Ornée de perles d’or
Glanées sur le chemin
Dans ma tanière en soie
J’invite les mésanges
Et les papillons bleus
A me chanter la vie
Et renaître au printemps
Sur mon Hymalaya
Je médite là haut
L’immensité du ciel
Et l’ivresse de soi
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Les mots
Tant que j’aurai les mots
Pour versifier le monde
Je serai du côté
Des poètes du ciel
De ceux qui ont compris
Les limites des hommes
La beauté des oiseaux
Et le chemin des arbres
Depuis que j’ai trouvé
Tous les mots pour rêver
Le ciel m’a envoyé
Un poème d’étoiles
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Boire
Soir à boire
Amis d’un soir
Nuit d’ivresse
Juste détresse
Matin clair
Clair de vie
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Le moine
Dans le temple du sud, le vieil homme est parti
Semer de poudre d’or le champ de l’inconnu
Ceux qui l’ont écouté acceptent le défi
Vivre en pleine conscience tous les instants présents
Et bannir la colère de l’autre en l’écoutant
S’en est allé le moine au pays des Pruniers
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Pessoa
Lisbonne
Pessoa
Remonte la rue
S’attable au café
Ecrit tranquillement
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Etrange lumière
Intriguée par l’étrange lumière
Je me laisse emportée
Dans une aube blanchie et fière
Par la tranquillité
D’un pays perdu à la lisière
Du ciel d’un bel été
Saluée par la grande rivière
De mon éternité
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Femmes
Femmes en guerre
Filles de joie
N’aiment guère
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Glissement
Les très âgés
Peuvent glisser
Pas sur le sol
Ni la rigole
Les très âgés
Peuvent glisser
Pas sur la neige
Pas de leur siège
Les très âgés
Peuvent glisser
Finir leur vie
Sans faire fi
Les très âgés
Peuvent glisser
C’est le secret
De nos aînés
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Bali
Bien au chaud dans le nid
je suis né à Bali
loin de tous les soucis
Chaque jour j’ai chanté
les beaux jours de l’été
en douces mélopées
L’hiver est arrivé
et ma voix a mué
adulte j’étais né
Puis j’ai quitté Bali
je suis sorti du nid
j’ai découvert la vie
Tout ce que j’ai aimé
sites du monde entier
et les plus beaux glaciers
Des massifs élévés
des ville polluées
et tous mes beaux sentiers
Revenu à Bali
dans ce beau paradis
j’ai terminé ma vie.
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Mont Fuji
La Dame qui faibit
Attends du Mont Fuji
la saveur d’une vie
Une vie révélée
par un chemin caché
pour un destin sacré
Destin connu du roi
qui contourne le bois
pour éviter le moi
La Dame qui faiblit
attend du Mont Fuji
la saveur de sa vie.
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Face
Face aux idées
face aux théories
face à la vie
reste la poésie.
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Soleil gris
J’ai rencontré le rêve
Un jour de soleil gris
Bercé par les marées
Coloré par les fleurs
Il s’entourait de chants
Fredonnés par le vent
Un jour de soleil gris
J’ai rencontré le rêve
Et je me suis plongée
Dans un bel arc-en-ciel
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Médecin des âmes
Je fus médecin des âmes à larguer les amarres
des corps emprisonnés par les secrets lointains
des vies empoisonnées par d’horribles lutins
Je fus médecin des âmes pour aider les pensées
à éloigner les peurs en posant des couleurs
éclater des colères et sauter dans la mer
Je fus médecin des âmes à leur donner la main
les veillant de très loin comme un faon orphelin
égaré chez l’humain pour trouver le Chemin.
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L'âme des poètes
L’hiver avait parlé
à l’âme des poètes
La glace emprisonna les mots de la noirceur
les interrogations, les palabres du deuil
La neige avait blanchi les mots de la folie
le discours des pouvoirs, les tombes des enfants
Le froid endolorit les phrases de l’extase
les points d’exclamation, les mots servant l’Ego
L’hiver avait parlé
à l’âme des poètes.
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Destin
Le jour de ma naissance
et à l’heure de ma mort
Regarder la lumière en attendant le sort
jouer avec les mots pour écrire la vie
saluer le soleil, les oiseaux et le ciel
crier sur le guerrier, humain en trahison
retrouver les couleurs égarées dans la brume
le jour de ma naissance
et à l’heure de ma mort.
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L'ailleurs et l'après
L’ailleurs est un sage
l’après une image
l’un est le peintre
l’autre le tableau
ils se rencontrent à la fin de la vie
en pleine poésie.
Belle est l’image
poète est le Sage
les plus belles des histoires
c’est eux.
Le rêve est là
les couleurs aussi
l’ailleurs est beau
l’après un opéra.
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Bruits
Bruits des humains
le plus précieux
le silence.
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Fin
L’histoire prenait fin
sur le chemin
aux fleurs.
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Peintre
Dans la grande allée verte
le ciel bleu se reflète
sur les tournesols de Vincent.
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Frissons
Au milieu des roseaux
je frisonne
avec eux.
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Passage
Le mangeur de brume
est parti
ce matin.
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Dix printemps
Dix printemps d’une vie
chaotique
mais choisie,
le chaos vient du corps
le choix celui de l’âme
je grandis avec elle
sur le chemin trouvé
ce vendredi de mars,
mon corps amputé
éloigné, endormi,
lourd du poids des années
je l’ai vu de très haut,
étranger inconnu
naissance à moi-même
en ce printemps là,
j’ai survolé les corps
et leur lot de besoins
je suis née au léger
à la tranquillité,
au calme et la douceur,
au blanc immaculé
de l’âme suspendue,
au cadeau de la paix.
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Refuge
Saupoudré des neiges d’hiver
le regard s’habille de joie
sur l’océan des toits du monde
les Himalaya nous protègent
Au respect des terres du ciel
à la fierté des monastères
à l’humilité de ses moines
silencieux, le Tibet oblige
Au refuge de l’entre soi
à la solitude chérie
à la pensée d’Alexandra
je te vénère Himalaya.
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Mots dits
Maudits
sont les mots dits
du cirque médisant
sur le brave innocent
mais aussi le passant
Maudits
sont tous ces gens
souvent des ignorants
des livres et de l’écrit
eux les rois du non-dit
et dont l’intime ils fuient
Maudits
sont les mots dits
par tous ces inconnus
friands de l’imprévu
étrangers aux mots lus
des émotions perdues.
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Possession
Qui abandonne le rêve
est un être amputé
des sons de la forêt
des sommets enneigés de l’océan troublé
Qui ne possède le rêve
est un être en colère
des actes et de ses pairs
des tremblements de Terre
du père et de la mère
Qui ne possède le rêve
est un être perdu
dans l’eau trouble du port
les méandres du sort
et la peur de la mort
Qui possède le rêve
a vu
entendu
et vécu.
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Ma prochaine vie
Ma prochaine vie parfumera le monde
déjà je la consulte pour aller mieux ici
les brumes oubliées
sourire à pleines dents
et soupirer de joie
loin s’en va l’abandon
la tristesse emportée
à l’orée des nuages
et s’envole la peur
légère comme l’air
l’oiseau le sait pourtant
l’habit me va si bien
me sied mieux la couleur
et le bijou doré
l’être et le faire à deux
dans les bois marcher seule
vers l’éternité bleue
Ma prochaine vie parfumera le Monde
déjà je la consulte pour aller mieux ici.